les mots sillons

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La naissance des contes

 

Il était une fois, alors que l'humanité vivait ses derniers temps sereins et naïfs, un géant au cœur doux et courageux nommé Laël et sa jeune femme Adama. Tout deux s'aimaient d'un amour profond et sincère. Quand les fêtes de leurs épousailles prirent fin, ils s'installèrent dans une simple maison protégée par les grands chênes entourant la petite clairière.


Chaque matin, après avoir pris sa belle épouse dans ses bras, Laël partait soigner les animaux, cultiver leur humble champs, couper du bois, chasser... Adama, elle, entretenait leur intérieur, fabriquait de nouveaux vêtements, s'occupait du potager.

Chaque soir, les jeunes époux se retrouvaient avec un bonheur non feint, mangeait un repas, frugal mais suffisant, et se couchaient, s’emmitouflaient, se dorlotaient, se caressaient, s'enlaçaient et... s'aimaient.

 

Ils vécurent ainsi heureux et eurent beaucoup d'enfants : un garçon, trois filles et une paire de jumeaux.

 

A sa septième grossesse, Adama s'inquiéta malgré les paroles rassurantes de son époux qui ne voyait que le bonheur de revenir chaque soir dans une maison rempli de gaieté, de jeux et d'insouciance. Mais, sa femme devenue mère, voyait que le lait d'une seule vache ne suffirait pas pour les petits, que les vêtements s'élimaient aussi vite que les garçons grandissaient et qu'il venait à manquer de place dans leur petite maison. Elle, aurait accueilli tous les enfants que Dieu lui aurait donné si elle n'avait peur que leur humble condition ne se transforme en misère.

 

Des jours durant, Adama chercha un moyen de resté le soir auprès de son bien aimé sans qu'ils aient la tentation de... s'allonger, s'emmitoufler, se dorloter, se caresser, s'enlacer...s'aimer. L'idée lui vint en cet fin de journée d'automne, alors que Laël s’essaya avec force de soupir sur la chaise qui manqua de céder sous son poids : ils resteront assis ! Sans tarder elle demanda à son mari de fabriquer deux chaises en plus gros et plus solides. Étonné, il s'exécuta pendant que son épouse, les yeux  malicieux, cousait des pièces de tissu rembourrées de paille fraîche.

Sa création de bois terminée, Laël, fier de l'inventivité de sa femme, ajouta sur les côtés deux planches légèrement surélevées pour y poser leurs bras fatigués.

C'est ainsi, qu'une fois les enfants endormis, Laël et Adama, se retrouvaient au coin du feu à bavarder jusqu'à ce que le sommeil les prit. C'était... fort agréable...

Mais leur amour qui jamais ne s'était tari, se remit à les chatouiller, là, au coin du cœur. Elle de ses yeux doux, lui de ses mains puissantes, tout les appelaient l'un vers l'autre. Alors, près de la chaleur des flammes, le grand bonhomme allongea sa femme avec tendresse, l'emmitoufla, la dorlota, la caressa, l'enlaça et … l'aima.

 

Quelques jours plus tard alors qu'Adama partageait d'équitable ration à la tablée familiale, elle ne put réprimer sa peur de voir un nouvel enfant à naître. Rester assis de longue soirée même près du feu ne calmait pas leur désir. A nouveau, elle devint soucieuse.

Une nouvelle fois, Laël lui donna la solution en racontant à sa famille hilare sa mésaventure de l'après midi avec un jeune sanglier.

Le soir même, installé l'un près de l'autre, Adama imagina l'histoire fantastique d'un lutin apprivoisant un jeune sanglier. Laël resta immobile et silencieux jusqu'à la fin de ce qui fut l'un des tout premiers contes.

Bercé par les mots qui fabriquaient des images dans sa tête, le grand homme s'endormit paisiblement, sa femme à ses côtés.

 

Chaque soir, la jeune épouse se plaisait à créer de nouvelles histoires toutes aussi merveilleuses les unes que les autres pour son mari mais aussi pour une petite tribu de bambins qui se disputait la meilleure place derrière la porte de la chambre pour mieux écouter en secret. Petit à petit, n'y pouvant plus, les enfants sortir de leur cachette pour se faufiler l'un sous la table, l'autre près du four à bois, les jumeaux au chaud dans les pattes du chien, les filles se disputant sans grande discrétion un morceau de cuisse de leur papa.

 

C'est ainsi que naquirent les contes dont les histoires furent transmises de génération en génération et au delà des frontières grâce aux jumeaux, Jacob et Wilhem devenus saltimbanques.

 



04/12/2013
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