les mots sillons

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Scène 3 L'écriture

L'écriture devait être facile. J'avais déjà créé la pièce pour une petite troupe d'adolescents. Les personnages étaient donc pensés, les intrigues façonnées, les dialogues aiguisés. Ce que je croyais... Car, en relisant le texte six ans plus tard, les personnages m'ont parus fades, les intrigues trop faciles et les dialogues trop mous. Bref, tout était quasiment à refaire...

 

Nous sommes le 15 novembre 2014, j'ai rendez-vous avec mes comédiens le 03 janvier 2015, j'ai donc un mois et demi pour ré-écrire la pièce. Prêt ? Feu ! Té !

L'intro reste la même : aéroport, crash, fin. Ça, ça ne bouge pas, ok.

Retour au matin du crash d'avion, ça roule.

Mégumi et Thomas... Ah Mégumi et Thomas... Bon, il faut un dialogue plus incisif, plus caustique, Tchac ! A la fin de leur scène, Thomas lui mettra une réplique bien dérangeante dans les dents.

Les tounett', notre duo de femmes de ménage sera plus volubile, elles moins gentillettes et plus irrévérencieuse qu'avant. Comme un duo de clown avec l'Auguste et Loyal, elles vont s'écharper voir... s'insulter, nôôôn ? Si !  Cependant elles vont devoir s'entendre pour sauver Clark d'un mauvais pas.

AAaah mon Clark avec son accolite Amy, deux étudiants Américains. Lui, sera un faux méchant, un vrai gentil, Un grand enfant quoi... Si attachant ...

Paul et Christine... ceux là, je vous préviens tout de suite, ils ne sont pas drôles du tout. Les dialogues sont remplis de colère et de faux semblants. Ils s'aiment ou pas ? Oui, encore... Non plus vraiment...

 

Bon pffffou... Voilà trois semaines que je suis dessus et ça se présente pas trop mal. Mes personnages sont un peu plus matures, les émotions plus marquées... ça me va. J'ai réussi à changer mon musicien handicapé de tocs (vous savez, la seule et unique personne qui n'a pas pû me dire oui...)bon et bien je l'ai changé en écrivain agoraphobe qui sera joué par J.J. Pas mal. ça me va.

 

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Je relis tout ça, j'aime bien... Mais... Mais... C'est pas Dieu possible ! Où est Amy ? La pauvre ne décroche quasiment pas un mot de toute la pièce ! Ben merde, elle suit piteusement son ami Clark qui joue les fanfarons. Mais elle ne prend pas une part importante à la pièce... Elle entre en contact avec Julien, mon écrivain, mais là aussi, elle ne fait que servir le rôle de l'agoraphobe. Je ne peux pas la laisser comme ça ! C'est pas possible ! Il faut que je lui donne du biscuit à cette comédienne ! 

Ok je revois tout depuis le début :

10 décembre 2014... J'ai encore un peu de temps pour créer un nouveau personnage. Elle ne sera pas étudiante, Clark se suffit à lui même... Elle sera ... Elle sera ... Journaliste ! Ouais ! ... Un nouveau personnage voit le jour suivit d'une nouvelle intrigue... ouf ! Me voilà sorti d'affaire. En quelques jours, j'écris les dialogues de Camille. Ma dernière née, rencontre d'autres personnages pour arriver jusqu'à Julien... Pour... Pour... aaaaaah, je ne vous en dit pas plus.

 

20 décembre 2014, je me relis, pas  mécontente... Sauf que... Sauf que, non, ça ne va encore pas. Les dialogues de Paul et Christine me paraissent bien trop courts, trop étriqués, pas assez explicatifs.

Bon, il va falloir remettre l'ouvrage sur le métier. J'étaye, je peaufine, je consolide, je poli. 

 

25 décembre 2014

Pause

Noël sous les palmiers, c'est sympa !

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28 décembre 2014, Il est temps de donner mon bébé à la correction.

Fabienne chausse ses lunettes et prend son feutre rouge.

Je la branche sous perf' de café et j'attends.... 

 

 

Quand ma copie m'est rendue, je la trouve criblée de rouge (non, vous n'aurez pas de photo). Mes fautes d'orthographe ne me lâcheront donc jamais ! Avec l'humilité de l'écolière qui corrige sa copie pendant la récréation, je m'attelle à la mise à jours de mon texte.

Nous sommes le 31 décembre et de nouvelles incohérences surgissent du papier comme un diable de sa boîte. Bouche cousue

 

D'accord, d'accord, je ne m'avoue pas vaincue : J'enlève, je rajoute, m'emmêle dans les modifications en cascade, m'arrache les cheveux (les blancs si possible) casse un crayon, mord la branche de mes lunettes, tape frénétiquement sur le clavier. Et... renvoie le tout à ma très chère correctrice qui ne loupe pas une virgule ni un espace en trop. 

 

01 janvier, bonne année ! Mais je n'ai pas le temps du bisou, ma copie est de retour, le rouge est là comme toujours, plus visible que jamais. Je t'aurais ! 

 

02 Janvier, j'écris un petit mail aux comédiens ajoute leur texte en pièce jointe, pointe la sourie sur envoyer. J'hésite, c'est la grande séparation. Il faut couper le cordon. TOP. IL est parti vivre sa vie. 

 

Acte 2 scène 1 la lecture



02/01/2015
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