les mots sillons

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Ferrat dans le porte voix / 18.01.2011

 

11 h 50, tous les sens en éveil je traverse la rue, un regard furtif, oreilles aux aguets, la patte confiante j'amorce une avancée en direction de la fenêtre dans ma ligne de mire. Mais voilà qu'une voix belle et claire, mais néanmoins tonitruante, me stoppe dans mon élan : Jean Ferrat s'extirpe par tous les pores de la petite maison numéroté 30. Il fait froid, la neige tombe, mon ventre cri famine mais je reste là, planté au milieu de la route (j'étais en train de la traverser mais il me semble que ce détail ne vaut pas la peine d'être décrit...) à écouter et imaginer quel est le décor de quelle personne qui fait quoi ? (pas mal hein ? je vous la refait ? à imaginer quel est le décor de quelle.... hein ? ah ? bon .... ) 

 

Celle qui écoute Jean Ferrat (et oui je ne peux qu'imaginer une femme... c'est comme ça ) n'a pas d'âge. On lui donnerait la quarantaine à cause de ses boucles brunes rebelles parsemées de sel. Mais ses chaussettes de couleur vive, son jean délavé et son pull épais à capuche lui donne l'air d'une adolescente. Elle est penchée à sa table et s'essaye à l'encre de chine. Concentrée sur son oeuvre, elle ne voit pas sa cigarette se consumer en mêlant sa fumer à celle du bâton d'encens. Jean Ferrat, jamais elle n'oserai l'appeler par son seul prénom, descend dans les graves pour lui dire que la femme est l'avenir de l'homme. En parlant d'homme, notre admiratrice a largué le sien il y a quelques semaines pour la simple raison qu'elle avait besoin de retrouver son indépendance. Mais, à bien y réfléchir, elle ne sait plus trop si c'est lui qui est parti à cause du besoin de solitude capricieux de sa compagne... Le décor de son intérieur est assez simple : du bois, des bouquins empilés sur des étagères qui démontrent un manque de compétence flagrant en matière de bricolage, un poêle encadré de petits bois et de cendre éparse, du papier à dessin griffonné au fusain, à l'encre ou simplement au crayon ( que du noir et blanc ... c'est comme ça...) sont accrochés à la hâte. Pas de fioriture pour son art, ça fait trop prétentieux mais quand même... elle aime quand ses amis s'arrêtent pour apprécier. 

 

Mes patte gelées me réveillent, je retrouve la façade de pierres grises et la porte de la maisonnette fermée, Jean Ferrat toujours dans le porte voix...  



 



18/01/2011
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