les mots sillons

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Higelin le baladin / 25.02.2010

 

Voilà un mois que je n'ai plus le goût d'écrire quoi que se soit. Les sujets ne manquaient pourtant pas : "Burka or not burka ?" " the Killer at school" "le froid a encore frappé" "le gèle récidive" "les aventures d'Isa et de son chirurgien"... Bref de quoi me mettre sous la dent un repas, si frugal soit il, mais toutes ses nouvelles étaient trop fraiches ou trop rances. Alors silence. Rien. Pas un mot. Jusqu'à ce matin. 

Comme à mon habitude, après avoir chargé ma petite auto de factures, colis et autres recommandés, j'allume la radio et part sur les petites routes pittoresques de France... oui, disons que je vais de boite aux lettres en boites aux lettres et pis je quémande mon café quoi... bon, ou j'en étais ? ah oui la radio... J'écoute donc d'une oreille distrète les blablas du matin, les nouvelles grèves, les politiques toujours plus étranglés par leur cravate, la météo, les coups de gueule des chroniqueurs tirant leur flèche en carton...quand soudain la voix rauque et chaude d'un invité attire mon attention.

Monsieur Higelin, l'air de rien, vient présenter son dernier album dont je tairai le nom : de nos jours tout ce paye ! Je l'écoute quand même me disant qu'il va, comme tous ses artistes, parler de lui, un peu de lui, et aussi de lui... en s'écoutant pour voir si son baratin ne sonne pas trop faux. "ERREUR, Médisante Céline !" me souffle une petite voix... écoute bien...

En effet, mon Jacquot m'a parlé d'amour avec fraîcheur, de Jonathan son ami que personne ne connaît, de quelques visages perdus dans la foule venue le voir en concert, il m'a présenté ses musiciens. Ses paroles émerveillées ont dessinées un vieux chaînes bi-centenaire, ses mots enthousiastes ont colorié un cèdre du Liban. J'avais l'impression d'écouter à la fois un enfant qui trouve un joli cailloux blanc à déposer avec le reste de son trésor dans sa petite boîte émaillée et un vieillard qui bourre sa pipe de vieux tabac en pensant avec sagesse que le bonheur n'est pas là où le croit.  

 

 

 

Oui, oui, je vous entend d'ici... vous allez me dire que c'est facile de s'émerveiller d'un rien quand on vient vendre son album et que les autres se vendent déjà bien... Que l'enthousiasme est chose aisé quand on est à l'abri du besoin. 


 

Et bien, du haut de toute ma naïveté que j'entretiens avec acharnement, je répondrai que cette émerveillement là il ne s'achète, ni se vend.  



 



25/02/2010
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